Barème kilométrique du bénévole 2026 : grille, calcul et exemples

13 février 2026 · 7 min de lecture · Barème kilométrique

Chaque année, des milliers de bénévoles utilisent leur véhicule personnel pour se rendre à une distribution, transporter du matériel ou accompagner une personne aidée. Ces trajets ont un coût réel : carburant, usure, entretien, assurance. Pour valoriser ces frais de façon juste et fiscalement sécurisée, l'administration s'appuie sur le barème kilométrique. Depuis plusieurs années, il n'existe plus de barème forfaitaire spécifique aux bénévoles : le calcul se fait sur la base du barème kilométrique des salariés, publié chaque année par arrêté. Cet article détaille la grille applicable, la formule de calcul par tranches, la majoration pour véhicule électrique, ainsi que les deux usages possibles (remboursement direct ou abandon de frais donnant droit à une réduction d'impôt). Nous précisons aussi ce qu'il faut vérifier au moment de la publication officielle du barème 2026.

Un barème aligné sur celui des salariés, sans grille spécifique aux bénévoles

Contrairement à une idée répandue, il n'existe pas de barème kilométrique propre aux bénévoles. L'administration fiscale renvoie au barème kilométrique publié chaque année pour les frais réels des salariés, celui que l'on retrouve sur impots.gouv.fr et au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP). C'est ce même barème qui sert à évaluer les frais de déplacement d'un bénévole lorsqu'il renonce à leur remboursement au profit de l'association.

Cette logique découle de l'article 200 du Code général des impôts, qui encadre le mécanisme de l'abandon de frais. Lorsqu'un bénévole engage des dépenses dans le cadre de son activité associative et qu'il renonce expressément à en obtenir le remboursement, cet abandon est assimilé à un don. Pour les frais de véhicule, le montant du don est évalué à partir du barème kilométrique officiel, appliqué à la distance réellement parcourue pour l'activité associative.

L'intérêt de cette référence unique est double : elle offre une base de calcul reconnue et opposable, et elle évite à l'association d'avoir à justifier des coûts réels détaillés (facture de carburant, amortissement du véhicule). Le barème intègre déjà, de manière forfaitaire, l'ensemble des charges liées à l'usage du véhicule. Il suffit donc de connaître le nombre de kilomètres parcourus et la puissance fiscale du véhicule pour obtenir une valorisation fiable.

  • Pas de barème forfaitaire spécifique au bénévolat : on applique le barème des salariés.
  • Base juridique : article 200 du CGI et doctrine reprise au BOFiP.
  • Le barème couvre forfaitairement carburant, entretien, usure, assurance.

La formule par tranches : jusqu'à 5 000 km, 5 000 à 20 000 km, au-delà

Le barème kilométrique n'est pas un simple prix au kilomètre : il fonctionne par tranches de distance annuelle et selon la puissance fiscale du véhicule (exprimée en chevaux fiscaux, CV). Pour les voitures, la grille distingue trois tranches de kilométrage annuel :

La première tranche, jusqu'à 5 000 km, applique un tarif par kilomètre relativement élevé, car les frais fixes (assurance, entretien) pèsent davantage sur un faible kilométrage.

La deuxième tranche, de 5 001 à 20 000 km, combine un tarif au kilomètre plus faible et un montant forfaitaire fixe qui s'ajoute au résultat. Cette structure lisse la valorisation pour les kilométrages intermédiaires.

La troisième tranche, au-delà de 20 000 km, applique un tarif au kilomètre unique, sans partie fixe.

Dans chaque tranche, le montant dépend aussi de la puissance du véhicule : plus la puissance fiscale est élevée, plus le coefficient au kilomètre l'est. Le barème plafonne généralement la puissance retenue à 7 CV et plus, qui constitue la ligne la plus favorable de la grille.

Concrètement, pour calculer le montant, on repère d'abord la ligne correspondant à la puissance du véhicule, puis la colonne (ou la formule) correspondant à la tranche de kilométrage total parcouru dans l'année pour l'activité. On applique ensuite la formule de cette case : soit un simple produit distance multipliée par coefficient, soit un produit auquel s'ajoute le montant forfaitaire de la tranche intermédiaire. Un barème spécifique existe par ailleurs pour les deux-roues (motos, scooters et cyclomoteurs).

  • Tranche 1 : jusqu'à 5 000 km, tarif au km plus élevé.
  • Tranche 2 : de 5 001 à 20 000 km, tarif au km plus une part forfaitaire fixe.
  • Tranche 3 : au-delà de 20 000 km, tarif au km unique sans part fixe.
  • Le coefficient dépend de la puissance fiscale (jusqu'à 7 CV et plus).

La majoration de 20 % pour les véhicules électriques

Pour encourager la transition vers des véhicules moins émetteurs, le barème kilométrique intègre une majoration spécifique aux véhicules électriques. Le montant obtenu par application de la grille est majoré de 20 % lorsque le véhicule utilisé fonctionne exclusivement à l'énergie électrique. Cette majoration s'applique de la même manière au bénévole qui valorise ses trajets, dès lors qu'il utilise un véhicule électrique pour son activité associative.

En pratique, le calcul se déroule en deux temps : on applique d'abord la formule de la tranche correspondante, puis on multiplie le résultat par 1,20. Par exemple, si le calcul de base aboutit à 500 euros de frais valorisés, le montant retenu passe à 600 euros pour un véhicule électrique. Cette majoration reflète des coûts d'acquisition et d'équipement généralement plus élevés, même si le coût d'usage à l'énergie peut être inférieur.

Cette majoration de 20 % pour les véhicules 100 % électriques est prévue par le barème kilométrique officiel en vigueur, et les barèmes publiés chaque année reprennent ce principe. Il convient de conserver une preuve de la motorisation du véhicule (carte grise mentionnant l'énergie électrique) afin de pouvoir justifier l'application de la majoration en cas de contrôle.

  • Majoration de 20 % du montant calculé pour un véhicule 100 % électrique.
  • Calcul : on applique la formule de tranche, puis on multiplie par 1,20.
  • Justificatif à conserver : carte grise indiquant la motorisation électrique.

Exemples de calcul concrets

Prenons quelques situations types pour illustrer la mécanique du barème. Les coefficients exacts variant chaque année selon l'arrêté publié, ces exemples raisonnent sur la structure et non sur des montants définitifs 2026, qui devront être vérifiés à la publication officielle.

Exemple 1, faible kilométrage. Une bénévole parcourt 1 200 km dans l'année avec une voiture de 5 CV pour livrer des colis. On reste dans la première tranche (jusqu'à 5 000 km) : le montant est égal à 1 200 multiplié par le coefficient au kilomètre de la ligne 5 CV. Le résultat correspond à sa valorisation annuelle de frais de déplacement.

Exemple 2, kilométrage intermédiaire. Un bénévole effectue 8 000 km avec un véhicule de 6 CV pour des maraudes. Il relève de la deuxième tranche (5 001 à 20 000 km) : on applique la formule distance multipliée par le coefficient de cette tranche, puis on ajoute le montant forfaitaire fixe prévu pour cette ligne. La part forfaitaire évite un effet de seuil brutal au passage des 5 000 km.

Exemple 3, véhicule électrique. Une bénévole parcourt 3 000 km avec une citadine électrique de 4 CV. On calcule d'abord le montant selon la première tranche, puis on le majore de 20 % en multipliant par 1,20. C'est ce montant majoré qui sera retenu comme valorisation.

Dans chaque cas, seule la distance parcourue pour l'activité associative est prise en compte, et elle doit être justifiée par un relevé détaillé des trajets (date, objet, lieux, nombre de kilomètres).

  • 1 200 km, 5 CV : tranche 1, distance multipliée par le coefficient.
  • 8 000 km, 6 CV : tranche 2, formule avec part forfaitaire ajoutée.
  • 3 000 km, électrique : montant de tranche 1 multiplié par 1,20.
  • Seuls les kilomètres liés à l'activité associative sont retenus.

Deux usages : remboursement direct ou abandon de frais

Le barème kilométrique sert deux finalités bien distinctes, qu'il ne faut pas confondre.

Premier usage, le remboursement. L'association rembourse au bénévole les kilomètres parcourus, en appliquant le barème sur présentation d'un état de frais. Le bénévole récupère alors de l'argent réel : il ne bénéficie d'aucun avantage fiscal, puisqu'il n'a rien donné. C'est une simple compensation de dépenses engagées. Ce remboursement n'est pas imposable pour le bénévole tant qu'il correspond à des frais réels et justifiés.

Second usage, l'abandon de frais. Le bénévole renonce expressément au remboursement auquel il aurait pu prétendre et en fait don à l'association. Cet abandon, matérialisé par une mention écrite (par exemple « je renonce au remboursement de mes frais et les laisse à l'association à titre de don »), ouvre droit à la réduction d'impôt sur le revenu prévue à l'article 200 du CGI. La réduction est de 66 % du montant pour le cas général, dans la limite de 20 % du revenu imposable, et de 75 % pour les dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté (dispositif dit Coluche). Pour ce taux de 75 %, le plafond des versements a été relevé à 2 000 euros pour les dons effectués à compter du 14 octobre 2025.

Dans les deux cas, l'association doit disposer d'un relevé détaillé des frais et le bénévole doit conserver les justificatifs. En cas d'abandon de frais, l'association délivre un reçu fiscal, dont l'exactitude engage sa responsabilité.

  • Remboursement : le bénévole récupère l'argent, aucun avantage fiscal.
  • Abandon de frais : renonciation écrite valant don, ouvrant droit à réduction.
  • Réduction de 66 % (cas général) ou 75 % (aide aux personnes en difficulté).
  • Plafond de 2 000 euros au taux de 75 % pour les dons depuis le 14 octobre 2025.

Reçu fiscal, justificatifs et responsabilité de l'association

Lorsqu'un bénévole abandonne ses frais de déplacement au profit de l'association, celle-ci lui remet un reçu fiscal (formulaire Cerfa n° 11580) mentionnant le montant du don. Ce reçu permet au bénévole de bénéficier de la réduction d'impôt lors de sa déclaration de revenus. Encore faut-il que le reçu soit exact : l'association ne peut établir un reçu que si l'organisme est bien éligible au mécénat et si le montant valorisé repose sur des justificatifs solides.

La vigilance est de mise, car l'émission d'un reçu fiscal irrégulier n'est pas sans conséquence. L'article 1740 A du CGI prévoit une amende fiscale égale à l'avantage fiscal indûment obtenu sur un reçu délivré à tort, à la charge de l'organisme. Une valorisation kilométrique fantaisiste ou non justifiée expose donc l'association à un redressement.

Pour sécuriser le dispositif, l'association doit réunir et conserver : le relevé détaillé des trajets (date, objet de la mission, lieux de départ et d'arrivée, nombre de kilomètres), les informations sur le véhicule (puissance fiscale, motorisation), et la déclaration de renonciation au remboursement signée par le bénévole. Ces pièces doivent être conservées pendant la durée légale afin de pouvoir être présentées en cas de contrôle. Une gestion rigoureuse protège à la fois le bénévole, qui sécurise sa réduction d'impôt, et l'association, qui limite son exposition en cas de vérification.

  • Reçu fiscal Cerfa n° 11580 remis au bénévole en cas d'abandon de frais.
  • Amende fiscale égale à l'avantage fiscal indûment obtenu pour un reçu délivré à tort (article 1740 A du CGI).
  • À conserver : relevé des trajets, données du véhicule, renonciation signée.

Barème 2026 : ce qu'il faut vérifier à sa publication officielle

Le barème kilométrique est révisé chaque année par arrêté, généralement publié au printemps, souvent vers le mois d'avril, avant la campagne de déclaration des revenus. Tant que l'arrêté fixant le barème applicable à l'année n'est pas paru, les coefficients de l'année précédente servent de référence de travail, mais ils sont susceptibles d'évoluer.

Au moment de valoriser des frais pour 2026, il est donc essentiel de vérifier trois éléments à la source officielle (impots.gouv.fr et BOFiP) : les coefficients au kilomètre de chaque tranche pour l'année concernée, le maintien de la structure par tranches (jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, au-delà de 20 000 km), et le maintien de la majoration de 20 % pour les véhicules électriques. Ces paramètres ont été stables ces dernières années, mais seule la publication officielle fait foi.

Pour éviter les erreurs et les recalculs, il est prudent de figer la valorisation une fois le barème 2026 publié, puis de l'appliquer uniformément à tous les états de frais de l'exercice. Un outil de calcul à jour évite de manipuler les formules à la main et réduit le risque d'erreur, notamment sur la part forfaitaire de la tranche intermédiaire ou l'application de la majoration électrique. Chez Soma, le calculateur de barème kilométrique bénévole intègre ces règles et se met à jour dès la parution de l'arrêté annuel, pour que vos reçus fiscaux reposent sur des montants fiables.

  • Barème révisé par arrêté annuel, publié en général vers avril.
  • À vérifier à la source : coefficients, structure par tranches, majoration électrique.
  • Figer la valorisation une fois le barème officiel paru, puis l'appliquer uniformément.
Outil gratuit lié : Calculateur de barème kilométrique bénévole
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Questions fréquentes

Existe-t-il un barème kilométrique spécifique aux bénévoles ?+

Non. Il n'existe plus de barème forfaitaire propre au bénévolat. On applique le barème kilométrique des salariés, publié chaque année par arrêté et disponible sur impots.gouv.fr et au BOFiP, pour évaluer les frais de déplacement d'un bénévole, notamment en cas d'abandon de frais au titre de l'article 200 du CGI.

Comment fonctionne le calcul par tranches ?+

Le barème distingue trois tranches de kilométrage annuel : jusqu'à 5 000 km, de 5 001 à 20 000 km, et au-delà de 20 000 km. La première tranche applique un simple tarif au kilomètre, la deuxième un tarif au kilomètre plus une part forfaitaire fixe, la troisième un tarif au kilomètre unique. Le coefficient dépend aussi de la puissance fiscale du véhicule.

La majoration pour véhicule électrique s'applique-t-elle aux bénévoles ?+

Oui. Le montant calculé selon le barème est majoré de 20 % pour un véhicule fonctionnant exclusivement à l'électricité, y compris pour un bénévole. On applique la formule de tranche, puis on multiplie le résultat par 1,20. Conservez la carte grise mentionnant la motorisation électrique comme justificatif.

Quelle réduction d'impôt en cas d'abandon de frais kilométriques ?+

Si le bénévole renonce par écrit au remboursement, cet abandon est assimilé à un don ouvrant droit à une réduction d'impôt de 66 % du montant (cas général, dans la limite de 20 % du revenu imposable) ou de 75 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté. Ce taux de 75 % s'applique jusqu'à 2 000 euros de dons depuis le 14 octobre 2025.

Le barème kilométrique 2026 est-il déjà connu ?+

Le barème est fixé par un arrêté annuel généralement publié au printemps, souvent vers avril, avant la déclaration des revenus. Tant que l'arrêté 2026 n'est pas paru, les coefficients de l'année précédente servent de référence provisoire. Vérifiez toujours les montants à la source officielle avant d'établir vos reçus fiscaux.

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